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Intoduction de la session "l’Egalité, quelle question !"

dimanche 13 octobre 2013, par Marie Christine Monnoyer

En préparant il y a quelques mois cette journée, chacun des membres de notre équipe évoquait ce dont était porteur pour lui ou pour elle le mot égalité. Nous nous sentions chacun porte parole d’inégalités vécues ou au contraire d’égalités retrouvées. Nous souhaitions faire apparaître derrière un principe plutôt formel de vraies réalités sociales. Nous sommes tous conscients dans cette salle, dans nos lieux de vie, de travail, que nous ne sommes pas égaux.

Est ce pour cela que les derniers entretiens de Valpré dont s’est fait écho le journal La croix avaient ils choisi pour titre : « tous égaux, une imposture ».

Nous sommes aussi conscients que dans un vieux pays démocratique comme le notre, les sources des inégalités, en particulier celles qui sont vécues lourdement, ne sont pas à rechercher uniquement dans le droit qui serait inique ou mal appliqué, dans les structures économiques qui se délitent et se corrompent, mais aussi dans les accidents de la vie avec lesquels il faut composer et dans les comportements humains face à la peur de l’autre ou à la faiblesse de l’altruisme.

Bien sur l’économiste que je suis, n’hésite pas à rappeler que depuis les années 70, un creusement des inégalités de revenus et de patrimoine, s’est développé. 1% des américains captent désormais 20% des revenus de la nation. En France sur les 15 dernières années, alors que le revenu de 90% des français les moins riches augmentait de 4,6%, celui de 1 français sur 10000 augmentait de 42%. L’enrichissement de cette toute petite partie de la population contraste avec une certaine stabilité des écarts entre les différentes catégories professionnelles, puisque c’est en France qu’au sein des pays de l’OCDE les inégalités ont le plus faiblement augmente. Les travaux des experts (Rosenvallon et sa théorie des égaux, T.Piketti (le capital au 21° siècle) s’accordent sur les causes s’ils ne s’accordent pas toujours sur les solutions, et ce quels que soient les pays, car la diffusion de certaines formes de capitalisme et de gouvernement dans les anciens pays communistes se matérialisent par le creusment des inégalités de revenus.

La femme que je suis aussi ne peut que rappeler l’existence d’écarts de salaire entre les hommes et les femmes de même compétences dans notre pays, d’interdits dans d’autres…, situation qui dure, malgré l’extraordinaire montée en puissance des formations et des qualifications des femmes au cours des 50 dernières années, malgré l’existence d’un « génie féminin » pour reprendre une récente expression papale…. Et tout cela pourquoi …. parce que les différences biologiques entre les sexes sont transformées en inégalités par des stéréotypes sociétaux qui privent ainsi les structures sociales, économiques, artistiques… religieuses de cette première diversité que constitue l’existence d’un « deuxième sexe »

Mais les accidents de la vie précipitent de façon encore plus cruelle dans des inégalités sociales et économiques et enfoncent ceux qui les subissent dans la pauvreté et l’exclusion.

Comment reconnaître leur égalité potentielle si ce n’est en recherchant des voies d’humanité, en reconnaissant leur expertise du monde de la misère qui leur permet de connaître et de comprendre plus pauvres qu’eux mêmes et d’entrainer les hommes et les femmes de ce temps à bâtir des relations de fraternité.

Il y a dans la doctrine sociale de l’Eglise un principe, apparu dans les années 30, celui de subsidiarité qui se revele comme un outil d’action très intéressant pour se saisir d’une interrogation comme celle des inégalités. Les corps intermédiaires, c’est a dire, les associations, les groupes…, quelle que forme qu’ils prennent, peuvent se saisir des situations qui les interpellent et proposer des idées, des solutions…

C’est bien sur cet esprit qui va nous animer toute la journée en écoutant le défenseur des droits D.Baudis, les étudiants de l’ICAM qui ont planché toute l’année dans le cadre de leurs cours d’éthique sur la question de l’égalité en entreprise. C’est ce regard différent sur le monde que nous fera partager le professeur Cholvy qui fera revivre pour nous l’engagement de Frédéric Ozanam, fondateur de la société st Vincent de Paul ou Frédérique qui travaille au quotidien avec les équipes d’ATD quart monde ;

Je n’ai pas encore cité Chantal Delsol qui sera notre première intervenante, mais vous allez de suite comprendre pourquoi.. philosophe, et romancière française, elle est professeur à l’université Paris EST et a fondé l’Institut de recherche Hannah Arendt en 1993 avant d’être élue membre de l’Académie des Sciences morales et politiques en 2007.

Chantal Delsol se définit comme « libérale-conservatrice » et par les médias comme « non-conformiste de droite », ses multiples responsabilités ne l’empêche pas d’être la mère de six enfants. Parmi ses sujets de prédilection j’ai retenu en particulier son attachement au principe de subsidiarité,…..

Elle nous dira comment elle conjugue ses réflexions en la matière et nos interrogations sur l’égalité.

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