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Mot de bienvenue

dimanche 11 octobre 2015, par Marie Christine Monnoyer

Les raisons du choix du sujet : un an a l’avance.

Notre maison mère, les Semaines Sociales de France travaillait en 2014 sur la problématique de la rencontre fréquente désormais dans nos vies de la diversité des cultures, des religions, et au contraire d’une certaine réduction de la diversité liée à l’exploitation forte de la nature.

Or l’Occitanie fut longtemps une terre de passage, certaines voies romaines sont encore visibles… mais de façon plus proche, cette terre a accueilli des hommes, des femmes, des familles chassées par la pauvreté ou la guerre de leur terre d’origine. Aujourd’hui, le développement économique attire dans toute la région des compétences, des espoirs venus de la terre entière parce que la planète a « rétréci » grâce aux avions fabriqués ici…. Certains regrettent que l’Occitanie perde ses accents, d’aucuns s’affolent de la présence de nombreuses femmes voilées dans les rues de Toulouse, quand les enseignants eux sont confrontés à la nécessité de réviser les méthodes pédagogiques pour préparer au monde de demain des enfants abîmés par les parcours difficiles de leurs familles. Parallèlement, la métropole occitane célèbre tous les ans à l’occasion de Rio loco les cultures lointaines, la cinémathèque propose avec succès le festival cinéspana, et il n’est pas rare de voir à l’affiche des théâtres, une pièce en espagnol, en russe ou en anglais ! Par ailleurs chacun a en mémoire les succès internationaux d’Airbus ou d’Astrium qui comptent plus de 30 nationalités différentes dans leurs effectifs salariés.

Alors comment vivre ces profondes transformations ? Est il possible de se réjouir de la diversité du monde quand nous voyageons au bout de la terre, quand nos enfants vont se former aux antipodes, quand nous mangeons du rougail réunionnais, ou des crevettes au gingembre thaï et de la redouter quand elle est dans nos murs ou a nos portes…

Les semaines sociales de France nous proposaient samedi dernier d’apprendre à coexister , à se découvrir mutuellement, et les jeunes volontaires revenant d’un ou deux ans de présence et de travail dans des pays lointains nous racontaient leurs difficultés mais aussi leur transformation après cette expérience. Le One-man-show de Pie Tschibanda, congolais émigré en Belgique nous faisaient découvrir les richesses de la culture africaine dans la résolution des problèmes du quotidien que nous vivons tous quel que soit notre age ou nos origines.

Dans le livre plaidoyer qu’il a publié cette semaine, Nicolas Hulot (Les liens qui libèrent), appellent à protéger la diversité de la nature mais aussi des hommes, en transformant notre rapport au monde…

Alors nous ici que sommes nous venus chercher ? derrière ce concept qu’exprime le mot diversité, il y a d’abord de l’inconnu, du différent de ce dont nous avons l’habitude. Mais il y a aussi souvent des souvenirs, des expériences négatives ou qui nous ont mis en porte a faux. Nous en avons tiré des conclusions inquiètes, parfois tranchées ( on ne m’y reprendra pas..), mais aussi parfois proactives, l’injustice nous a conduit à nous engager sur le plan syndical, associatif ou politique….
Le rôle des semaines sociales depuis leur origine est de nous permettre de regarder autrement, plus loin ou plus près grâce à la rencontre avec des hommes ou des femmes qui ont réfléchi à la question, grâce aux échanges que nous pouvons avoir entre nous puisque nous sommes la ensemble dans cette salle, grâce aux émotions que peuvent faire naître des prises de parole, des images.

Nous avons donc construit la journée en suivant un fil rouge « de Babel à la Pentecôte » . En projetant de construire une tour immense, les hommes veulent éviter la dispersion recommandée par Yahvé, en s’efforçant de la mener jusqu’au ciel, ils veulent montrer leur puissance collective quel que soit le coût en vies humaines qu’entraîne le projet. Alors les langues se différencient et le projet ne pouvant se mener à son terme, ils se dispersent sur la surface de la terre … Chacun connaît ici le symbole de la Pentecôte. L’esprit sain permet à tous les apôtres de comprendre les hommes venus de toute la terre quelle que soit leur langue.

Tous ceux qui interviendront aujourd’hui s’appuient sur leurs expériences et leurs recherches. Qu’avons nous appris et compris des flux d’immigration qui ont touché l’Occitanie. L’historien Philippe Foro nous rappellera les événements et l’interprétation qu’on peut en faire aujourd’hui.
Ensuite nous donnerons la parole , comme nous avons maintenant coutume de le faire aux étudiants de l’ICAM. Ces jeunes futurs ingénieurs ont été confrontés pendant leurs stages à des situations de diversité, sur lesquelles ils ont réfléchi au cours de la dernière année universitaire pour leur donner du sens. Ils nous présenteront le résultat de leurs réflexions.

Nous aborderons ensuite la question des diversités religieuses et plus particulièrement via un regard sur l’Islam puisque c’est cette religion qui en France actuellement a accentué sa présence. Geneviève Caze Valette qui est professeur l’école de commerce de Toulouse (TBS) évoquera ce que représente sur le plan social et économique la mise à disposition d’une viande halal. Plus tard dans la journée c’est le professeur Sadek Sellam qui abordera le versant politique de l’intégration des musulmans dans notre société plus fortement marquée par une tradition judéo chrétienne. Mais le film court métrage que nous avons choisi illustrera les tensions que font naître les diversités religieuses et la créativité quelles peuvent générer entre les hommes.
Enfin nous terminerons par un regard ancré dans le terrain, celui de l’éducation des enfants. Les Apprentis d’Auteuil ont en effet la tache complexe d’accueillir des enfants qui ont des vécus et des histoires très diverses, et de les préparer pour qu’ils s’insèrent dans la vie sociale et l’économie d’aujourd’hui et même de demain… Clara Buisson et Beatrice Modebelu nous expliqueront comment leur structure a répondu aux besoins correspondants.