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Décrochage scolaire - Introduction de la soirée du 26 septembre

samedi 1er octobre 2016, par Marie Christine Monnoyer, Véronique Nivet

Lorsqu’un courrier émanant du collège ou du lycée interpelle une famille sur les raisons de l’absence d’un jeune, ou lorsque ce dernier annonce qu’il ne veut plus aller au collège ou au lycée, c’est en général un choc, une angoisse….. Mais que vas-tu faire, que veux-tu faire ?

Et pourtant en France 110 000 jeunes sortent chaque année de l’école sans diplôme, soit 1 jeune sur 7. Ce pourcentage n’est pas également réparti au sein de la société

  • Ainsi, seuls 5 % des décrocheurs sont des enfants de cadres contre 48 % d’enfants d’ouvriers. Le niveau de vie influe sur le décrochage scolaire car 60 % des familles touchées déclarent n’avoir pas assez de revenus pour permettre aux enfants de poursuivre leurs études, (l’Insee).
  • Le décrochage scolaire frappe davantage les familles nombreuses : plus d’un quart des élèves concernés (29 %) a plus de trois frères et sœurs. Leurs mères sont généralement peu diplômées, seules 15 % d’entre elles étant titulaires d’un baccalauréat
  • Enfin, les élèves touchés ont souvent rencontré un « parcours de vie difficile ». Ainsi, 24 % d’entre eux ont des parents divorcés ou séparés, 21 % ont eu un problème de santé qui a affecté leur scolarité et 22 % ont été confrontés à la maladie ou à la mort d’un parent.

Si avec les Semaines Sociales nous avons décidé de poser la question du décrochage scolaire, devant vous et avec vous, c’est parce que le décrochage scolaire a une forte dimension humaine, sociale et économique.

Dimension humaine : parce que l’abandon de l’école avant l’obtention du brevet des collèges, d’un CAP ou du baccalauréat place l’adolescent souvent dans une situation d’échec, toujours dans une situation de fragilité dans une société technologique et mondialisée. Il rend plus difficile la réintégration dans des parcours de formation professionnalisant.

Dimension sociale : l’abandon de l’école, en cours de cycle, c’est aussi la séparation d’avec la cohorte d’élèves de sa tranche d’âge, l’éloignement d’avec ses amis, la différenciation au sein de la fratrie, la rupture des rythmes tant quotidiens qu’annuels (vacances …). L’adolescent va chercher à se créer d’autres relationnels, des rythmes différents qui sont rarement profitables à son épanouissement.
Autre dimension sociale : cette spécificité particulière en France que les journalistes nommeraient « la tyrannie du diplôme », le poids très important, très tôt intériorisé (par les parents, les jeunes, les entreprises) de l’importance d’obtenir un diplôme, comme sésame de l’entrée dans le monde professionnel. Dans d’autres pays européens, ce déterminant n’est pas aussi fort et contraignant.

Dimension économique enfin : si l’on sait que l’absence de diplôme fragilise considérablement l’accès à l’emploi, les conséquences au niveau national du décrochage scolaire sont aussi très lourdes. Le gouvernement juge que « le décrochage menace la compétitivité du pays ». Les coûts associés au décrochage d’un jeune, cumulés tout au long de sa vie, sont estimés à 230 000 euros. Pour l’ensemble des décrocheurs comptabilisés chaque année, cela équivaut à contracter près de 30 milliards d’euros de dette.

Alors que faire ?

D’abord relativiser la situation.

  • le nombre de décrocheurs n’augmente plus et a tendance à diminuer
  • le problème n’est pas franco français, il touche tous les pays développés et même les pays émergents. Pourtant si nos chiffres se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE, ils sont moins bons que ceux des pays du nord de l’Europe (Suède, Finlande, Danemark…) mais meilleurs que ceux de nos voisins espagnols et italiens.

Ensuite s’intéresser aux efforts théoriques pour mieux comprendre la question et aux initiatives mises en place

  • Le dispositif "parcours aménagé de formation initiale", expérimenté pendant l’année scolaire 2015-2016, est généralisé dans les académies à la rentrée 2016. Proposé à des jeunes de 15 à 19 ans, il leur permet de disposer d’un temps de respiration et de prendre du recul à travers un parcours aménagé combinant des temps de formation et des activités extra-scolaires (stage en entreprise, service civique, etc.). 62000 jeunes entre 18 et 24 ans sont dans cette situation

Plusieurs modèles théoriques du décrochage scolaire existent, des travaux de chercheurs qui peuvent aider à comprendre mieux encore le phénomène, et aider à trouver des voies d’action pour éviter le décrochage, ou rejoindre les jeunes.

Certains vont mettre en avant des composantes liées à l’élève (comportement, psychologie, performance scolaire) ; d’autres liées à l’école (pratiques pédagogiques, relations, climat scolaire) ; d’autres composantes sont aussi évoquées (parents, par exemple), mais la synthèse que les auteurs en tirent est que « près de 55% de la variance expliquée est issue des variables proximales à l’élève. Ces variables concernent quatre grands systèmes : l’élève lui-même, la classe (l’enseignant), l’école et les parents » (Potvin &Pinard, 2012).

Nous avons la chance d’avoir dans la salle des enseignants, des responsables de milieu scolaire, des familles, des représentants des associations de parents d’élèves. Nous avons aussi autour de la table et prêts à répondre aux questions de Sabine CAZE et à vos questions. Il est temps de réfléchir ensemble en nous inspirant aussi de que va nous apporter la réflexion portée par la vidéo réalisée par les semaines sociales de Marseille qui ont déjà débattu sur ce thème au cours de l’été.