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1 Mise en perspective de ce regard de l’Eglise sur les questions de société

vendredi 9 août 2013, par Hervé Schindler

Lien intrinsèque entre Evangile et société, quand Jésus répond au jeune homme riche ou quand il se positionne sur le paiement de l’impôt à César il prend position sur des questions de société, de politique dans le monde qui est le sien. Et dès les premiers siècles, les écrits de St Basile, St Ambroise, St Jean de Chrysostome sont riches en débats sur des problèmes de société,mais la pensée sociale tant que réflexion globale portée sur les réalités sociales naît à la fin du XIXe siècle avec Rerum Novarum.

L’encyclique est à re situer dans le contexte du XIXe siècle qui a vu l’Europe entrer dans la révolution industrielle avec ses effets secondaires : société inégale structurée autour de deux classes antithétiques :ouvrière et patronale, libéralisme économique et social qui livre l’individu sans assistance aux aléas des accidents de la vie et de l’économie. Jusque dans les années 1890 l’Eglise a répondu à la question sociale par la charité mise en œuvre par les possédants« les capitalistes », préconisant de soigner sans agir sur les causes du mal. Les initiatives chrétiennes ont été dans un premier temps le fait d’individus comme Ozanam voire les « socialistes chrétiens »comme Pierre Leroux, Buchez qui oeuvrent à des réformes sociales, dans les années 1860/70 l’industriel L Harmel qui dans son usine expérimente l’association des ouvriers à la gestion et à la participation aux bénéfices.. L’Eglise va prendre à la fin du XIXe siècle le train en marche. En 1891, en Allemagne, tout un arsenal législatif a déjà été mis en place pour améliorer le quotidien des ouvriers, en France la République légifère aussi dans ce domaine. Des syndicats, des partis politiques ont fait de cette question sociale leur cheval de bataille. Donc c’est après coup,poussée par les événements que se fait entendre la voix de l’Eglise pour dénoncer dans un même élan les excès du capitalisme et la violence et les leurres des socialismes « faux remèdes ». Ouverture de voies avec l’intervention de l’Etat, rôle de subsidiarité, et appel à l’association, à l’organisation collective pour que les ouvriers prennent en mains leurs destin.

En 1991 cent ans après et 19 encycliques plus tard, Jean Paul II clôt provisoirement avec Centesimus annus ce cycle de doctrine ou d’enseignement social. Parmi ces 19, on peut citer Quadragesimo anno en 1931(40e anniversaire de Rerum) où Pie XI dans un contexte de crise économique mondiale condamne le capitalisme sauvage et le communisme, mais apporte un point de vue nouveau envisageant l’économie à l’échelle mondiale pour appeler à une réorganisation de l’ordre social et économique dans le respect des préceptes de l’Evangile. On peut aussi signaler l’encyclique Mitbrennen der Sorge du 19 mars 1937 par laquelle Pie XI se positionne face aux totalitarismes qu’il dénonce comme des idéologies païennes en opposition avec le message de l’Evangile.
Par la suite, Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II dénonceront les méfaits du communisme athée ou du libéralisme exacerbé dans des mêmes messages adressés aux peuples de l’est et de l’ouest. Comment ne pas citer aussi Populorum Progressio en 1967,dans le contexte de croissance éco, de décolonisation, « le superflu des pays riches doit servir aux pays pauvres. La règle qui valait autrefois en faveur des plus proches doit s’appliquer aujourd’hui à la totalité des nécessiteux dumonde. » Caractère universel,et conception approfondi du développement qui revêt des aspects aussi bien économiques culturels ou politiques . Et pour les 20 ans de Populorum Progressio, en 1987, Sollicitudo rei socialis oùJean Paul II partant dePopulorum tente d’actualiser lemessage « La présente réflexion a pour but de souligner, à l’aide de la recherche théologique sur la réalité contemporaine, la nécessité d’une conception plus riche et plus différenciée du développement, en fonction des propositions de l’encyclique, et d’indiquer quelques modèles de réalisation » Centesimus annus intervient 4 ans après pour clore ce cycle.

Publiée en 1991

Certains diront que l’Eglise se risque sur des terrains en dehors de ses champs de compétence, peut-elle se faire politicienne,économiste, juriste…Volonté
hégémonique, l’Eglise aurait-elle la nostalgie d’un temps où elle était un acteur majeur de la vie politique , éco ?

En fait, ce qui est proposé« doctrine » « enseignement », pensée sociale n’est ni uneidéologie, ni un système de pensé organisé pour justifier un type de pouvoir,ni un modèle alternatif entre capitalisme et marxisme, mais davantage la formulation des fruits d‘une réflexion collective sur les réalités complexes de l’homme dans la société, dans le contexte international, réflexions engagées à la lumière de l’Evangile.

Traiter de cette pensée sociale dans la période récente (XXIe siècle) pose pb car il n’y a que peu de textes de « doctrine sociale » émanant du Magistère pontifical et de celui de l’Eglise de France, qu’il s’agisse du Conseil permanent ou de l’Assemblée des évêques. On peut citer Deus caritas est ( 25 dec 2005) sur le thème de l’amour et qui dans sa 2e partie positionne la charité dans le monde contemporain, partant de la parabole du Bon samaritain où le prochain n’est pas l’identique mais celui qui est dans le besoin« rencontré par hasard ». La caritas dépasse les frontières géographiques et idéologiques. La charité est définie comme le moyen pourl’Eglise d’agir sur les souffrances sociales non pas en prenant en main la bataille pour un monde plus juste mais en étant présent là où il y a souffrance pour transmettre et vivre le message d’amour de l’Evangile. Positionnement qui reste théorique en attendant une encyclique sociale mais qui se fait attendre.

Faute de gds textes, il faut se rabattre sur des interventions des commissions épiscopales et sur des textes généralement courts, relatifs à des événements locaux ou en réaction à des décisions politiques textes qui émanent de déclarations, de communiqués ou autres.

On ne peut citer que trois textes importants dans cette période mais passés assez inaperçus :
Le jubilé et l’argent en 1999 proposé par la commission sociale et par le conseil de solidarité

Quand l’étranger frappe à nos portes en 2004 proposé par le Comité épiscopal des migrations

Repères dans une économie mondialisée en 2005, émanant de la Commission sociale de l’épiscopat

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