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Bref Compte-Rendu : Faut-il diaboliser le nucléaire ?

mardi 17 décembre 2013, par Jean-Marie Fehrenbach

Conférence du 9 décembre 2013 à la salle du Sénéchal,

Quelles énergies pour le futur ? Faut-il diaboliser le nucléaire ?

par le Professeur Max Marty, ancien directeur à l’ENSEEIHT, ancien président de l’INPT

Plus d’une soixantaine d’auditeurs étaient rassemblés pour écouter le professeur Marty puis échanger avec lui sur ce sujet de société, d’une grande importance pour notre planète, et très sensible pour certains.

Pour introduire la problématique, le conférencier a d’abord proposé une définition de l’énergie : une capacité de travail utilisable, plus ou moins disponible, plus ou moins stockable (un peu semblable à l’argent). Puis il a dressé un historique du développement de la planète au cours des cinquante dernières années, rappelant qu’en France la consommation électrique doublait tous les dix ans autour des années 70, et mettant en évidence le poids déterminant du coût et de la disponibilité de l’énergie dans les principaux évènements politiques et économiques que nous avons connus dans le monde.

Il en est ainsi venu à souligner les enjeux actuels pour l’humanité : doublement de la population mondiale en moins de 50 ans, émergence des économies en Chine, Inde, Brésil qui aspirent à consommer comme nous l’avons fait, nécessité de limiter et réduire l’émission de gaz à effet de serre pour sauver les vivants.

Il a alors passé en revue les différentes techniques actuellement disponibles, en mentionnant chaque fois leurs avantages, leurs inconvénients, leurs conséquences en matière de pollution, leur coût… :

- l’hydraulique : le moyen le moins polluant et le plus souple d’emploi, mais plus ou moins bien réparti sur la planète.

- l’éolien, aux ressources certes renouvelables, mais très décevant de par son caractère aléatoire :

un parc qui ne fonctionne que pendant 3/12 du temps…et qui présente une pollution visuelle non négligeable.

- le solaire photovoltaïque, peu à peu intéressant au plan des coûts, mais très sensible aux variations d’ensoleillement (effet des nuages en particulier), handicapé en France par le monopole d’EDF.

- le solaire thermique, tout à fait efficace et satisfaisant en tous points : eau chaude domestique, fours solaires, tours solaires à concentration…

- le thermique à base de combustible ( bois, charbon, gaz, pétrole) : à limiter aux centrales d’appoint pour heures de pointe en pays riches, et seul moyen accessible à coût raisonnable aux pays pauvres et en développement,

- l’électronucléaire : indiscutablement le seul moyen de produire beaucoup d’énergie sans émission de GES, présentant l’inconvénient de produire beaucoup de déchets radio-actifs au stade actuel de la technologie, mais très prometteur sur ce plan si l’on parvient comme espéré à maîtriser la technique des neutrons rapides (Centrales de 4° génération, Cf programme ASTRID en France).

Et il a dressé alors un tableau résumé des politiques actuelles des Etats :

- USA, Chine, Inde et aujourd’hui l’Allemagne ignorent les accords de Kyoto sur les GES… !

- La France occupe une position privilégiée : 80% d’électricité d’origine nucléaire, 58 unités de production qui cumulent une expérience de fonctionnement sans pareille dans le monde, un coût du KWh faible. La décision politique d’une transition énergétique constitue une feuille de route intéressante, mais elle ne saurait conduire à l’abandon de l’électronucléaire.

- Chine et Inde investissent aujourd’hui dans le nucléaire et visent déjà la 4° génération, l’Angleterre vient de décider de nouveaux investissements en nucléaire avec la France, Finlande et pays baltes s’apprêtent à renouveler leurs centrales, actuellement du type Tchernobyl…

Mettant en avant l’impératif de la sauvegarde de la planète, il a alors proposé une conclusion à caractère essentiellement technique et dépourvue d’inspiration idéologique :

- Il n’existe pas en matière d’énergie une solution unique valable au même moment pour tous les pays : ainsi, le recours au combustible fossile est légitime pour les pays en voie de développement, à exclure pour les pays riches.

- l’électronucléaire, s’il est bien maîtrisé et sa technologie améliorée, est aujourd’hui la seule voie praticable pour les pays riches, y compris la Chine.

- les énergies intermittentes ont leur place, mais elles sont incapables de remplacer en performance l’électronucléaire.