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La fraternité, un défi d’aujourd’hui

samedi 6 octobre 2012, par Hervé Schindler

6 octobre 2012

Plus de 100 personnes de Toulouse et de la région ont pu suivre la journée :

La fraternité, un défi d’aujourd’hui

Fraternité, ce mot figure au fronton de nos mairies, il est inscrit dans les textes fondateurs, nous le prononçons en famille, au monastère, en politique ou dans les armées, au sein de nombreuses associations !! Mais que veut-il dire aujourd’hui, pour nous, pour moi… ?

Avec JP Delevoye, A.Cabanis, D.Ellul, des étudiants de l’Icam, des dirigeants d’entreprise, le Groupe Amitié et Fraternité de Toulouse,

les Semaines Sociales de Toulouse vous ont proposé :

  • d’écouter des voix reconnues, des hommes et des femmes, des universitaires, des décideurs,
  • de regarder des images, un film en court métrage,
  • d’échanger en assemblée sur la matière ainsi réunie

en vue de redécouvrir celui qui est mon semblable et en même temps le tout autre……

Voici les documents disponibles suite à cette journée :

Interview Jean-Paul Delevoye par Bernard IBAL :

BI : Qu’est-ce que la Fraternité républicaine ?
JPD : j’ai été frappé par le basculement de la Société française…
Avant, chacun se sentait citoyen…. Puis c’est la fracture sociale…
Aujourd’hui, on demande la sécurité… au mépris de l’autre
BI : Pourquoi « Les gens disent qu’ils ne veulent plus partager… » (JPD aux SSF novembre 2011)
JPD : Nous sommes sous la dictature du court terme… pas de réflexion à moyen terme…
Je pense à ma survie… Retrouver le sens de la communauté… Redonner du sens à notre vie …
pour des rapports nouveaux… quête d’identité de la jeunesse…
BI : le CES…
JPD : Force de proposition… Retrouver le combat pour les causes, pour la cause de l’homme… le XXe siècle … Capacité à trouver dans cette structure l’enrichissement du consensus et au débat… retrouver des phénomènes de convergence…
BI : la CFTC propose un comité paritaire du dialogue social…
JPD : nous sommes responsables d’un destin commun… dans l’économie… J’ai l’utopie de croire à un dialogue entre la Majorité et l’Opposition…
BI : A l’échelle mondiale, le marché des capitaux est mondialisé… et la fraternité ?...
JPD : la situation internationale est inquiétante… économie, pauvreté et richesse, écologie, gestion de l’eau… risques d’explosions dans le monde… un sujet politique majeur…
BI : la fraternité ne crée-t-elle pas des clivages, des clôtures ?...
JPD : risque des lobbies… dérapages dans les relations entre les peuples, entre les religions,
Comment faire vivre ensemble des gens et des sociétés aussi différentes ?... mondialisation…
diversité culturelle… l’Europe a besoin de 50 millions de populations immigrées… Accepter d’accueillir l’autre…
BI : et le service social obligatoire ?...
JPD : retrouver des espaces et des temps pour découvrir des mondes différents du sien…
Renverser la culture de notre propre pays… Sortir de l’hypocrisie.

André CABANIS, Professeur agrégé de Droit à l’IEP de Toulouse,

Réactions sur l’interview de JP Delevoye…
AC : j’ai trouvé ce dialogue très encourageant… une ouverture sur les institutions politiques (AN, Sénat, CES…)… réflexion intéressante…
Egalité, liberté… sont des notions bien cernés dans le droit…

La Fraternité est d’une autre nature… elle est du domaine affectif…
Dans l’antiquité : le lien entre fraternité et république était différent… on était frères d’armes…
on n’abandonne pas le camarade sur le champ de bataille cf. Castor et Pollux, les Horaces et les Curiaces… mais aussi des affrontements entre frères : Caïn et Abel…
Platon : le gouvernement s’empare des enfants séparés de leurs parents…
Parfois, la fraternisation est suspecte… Rimbaud, Flaubert, Camus… Van Gogh, les frères Lumière…
Progressivement, la fraternité est ouverte et généreuse…
Première influence : le message évangélique, la tradition chrétienne…
Le catholicisme social : Rerum Novarum, … contre la lutte des classes…
Deuxième influence : la philosophie des Lumières… Montesquieu, Voltaire… rôles important des Francs-Maçons…
Ces deux influences triomphent avec les Révolutions de 1789 et 1848…
1793 : l’égalité juridique…
1848 : la fraternité est adoptée dans le Préambule de la Constitution

Louis Blanc, Président de l’Assemblée du Luxembourg…
Le dogme « Liberté, Egalité, Fraternité »…
Charles Renouvier : le droit au travail… Saint-Simon… Camille Desmoulins, Robespierre,
Fin 19e siècle ; la fraternité est bafouée… Larousse, Charles Gide, Borghetto…
contestée, discutée, suspecte aux yeux de certaines féministes… « la sororité »

Charles Péguy : la fraternité, comme un devoir d’urgence
Régis Debray : la fraternité, comme un devoir de civilisation…

Table ronde : la fraternité en entreprise une utopie ?

Etudiants Romain Maintier et Gandalf Gires :
Fraternité : soutien et partage des ressources et des responsabilités, appartenance au
groupe, moteur du bon vécu de l’entreprise
Elle permet de se sentir membre, mais il faut qu’elle touche aussi au domaine de la
raison.. quid des changements de projet ?? Y a t-il une échelle (petites équipes)
On a envie de changer, la morale traditionnelle ne suffit pas, on entre dans le concept de
l’éthique, quelle est sa dimension entreprise ? Elle qui participe à la mixité de tous les
acteurs de la société. Elle nous paraît devoir devenir responsabilisante…
Quelles voies pour l’entreprise ?

Son produit : qu’il adhère aux valeurs qu’elle porte. Quid de son potentiel
catastrophique…
Son management : charte qui traduit des valeurs de justice
Son environnement : porte ouverte qui permet de favoriser la connaissance ou
l’implication des » voisins »..
Quid d’une infusion des valeurs vers la société

J.Barnabé
La réponse ne tombe pas sous le sens, on creuse pourtant des cas d’application très
concrets : intergénérationnel. Mobilisation sur des projets long terme dans lesquels
les individus doivent trouver leur place, construction d’une équipe, mobilisation d’un
groupe de personnes, intéressement financier à des résultats collectifs.
Quid des codes d’éthiques, place de l’individu dans la société, equipe, fraternité
Airbus a réorganisé sa structure avec le concept de métier : confrérie des ingénieurs,
des acheteurs, des managers…cela conduit à restructurer les directions. Pb d’interface entre les métiers, on redécoupe autour des usines sur des livrables… des morceaux
d’avion
Il y a aussi des gagnants et des perdants. Il n’y a pas que des gagnants. Il y a différents niveaux de fraternité dans l’entreprise. Mais il y a aussi à conserver un équilibre avec la cellule familiale.

Eric Rumeau
Communication efficace entre les membres de l’équipe concernant la stratégie de
l’entreprise. Ecoute pour favoriser l’équilibre au sein de l’entreprise. 1 fois par mois,
on donne des indicateurs et on l’échange avec le personnel. La vision long terme est
inhérente à l’aéronautique. Mais époques fastes versus époques lourdes… donc ilots de fraternité seulement.
Valeurs relatives au travail : conscience pro ,…quid de la justice, actions collectives
(RTT : don pot commun)

P.A. Poirier
Faire attention au homme au quotidien, prise en compte dans le cadre de l’entretien
annuel. Fraternités antagonistes aussi dans le cadre d’une compétition interne
Charte chez Fabre…lesquelles prendre au niveau international, devoir moral…

JMF : la fraternité est-elle souhaitable, est-ce un bien pour l’entreprise ?...
ER : oui, mais la vie d’une entreprise n’est pas qu’un long fleuve tranquille…
PAP : nous devons être vigilants… se méfier du communautarisme dans l’entreprise… développer l’esprit d’entreprise comme un bien commun…
JB : nous devons recevoir les messages des gens qui ont vécu l’entreprise Concorde…
2 réactions :
- la notion de valeurs… quelles valeurs ?... Airbus : il y a un code d’éthique… identifier les
valeurs de l’entreprise : l’esprit d’équipe, développer les valeurs d’Airbus… autour des
hommes,
JMF : j’étais dans l’équipe de Concorde… contre le concurrent américain, ou le
concurrent russe… On a appris à travailler ensemble, avec deux composantes :
allemande et française…

GG : La fraternité est un facteur de cohésion sociale dans une entreprise…mais la
fraternité, ça joue sur l’affect, et non sur la raison… être vigilant… La fraternité est
importante, mais il faut voir plus loin… et raisonner dans l’entreprise…
RM : des gens soudés… mais faut-il casser cette fraternité ?... y a-t-il une échelle de la fraternité dans l’entreprise ?...
PAP : importance de la responsabilité sociale dans l’entreprise… une charte
d’entreprise…

Le document des étudiants de l’ICAM de Toulouse

Pour une entreprise responsabilisée et responsabilisante à télécharger en pdf

Projection de Bonne nuit Malik de Bruno Dahan

Quelques phrases du public suite à la projection de Bonne nuit Malik (de Bruno Danan par Ten2ten productions) en partenariat avec Séquence Court-Métrage

La projection est suivie d’un débat qui met en évidence :

  • la grande attention des participants (reconnaissance du personnage partenaire de boxe et client rejeté de la boite de nuit.
  • les liens qu’ils font avec leurs expériences personnelles

Lors du débat, le public s’est exprimé, soit en reprenant directement le film soit car le film les a fait se souvenir d’un aspect des conférences précédentes (sur l’entreprise par exemple)
"La difficulté de faire la part entre le travail et la vie au quotidien. L’être humain est indivisible"
"Le besoin d’autrui pour être responsable de ses actes. Malik face au regard de son frère."
"Je me suis retrouvé, dans un poste à responsabilité en entreprise, de la difficulté à donner du sens à la fraternité en faisant des choses dont on n’est pas convaincu"
"La personne qui doit rejeter, rejette une partie d’elle-même. En faisant ce travail Malik est contraint de se rejeter lui-même."
"Dès que tu prononces une parole, fais gaffe de ne pas raconter n’importe quoi". Certaines personnes en responsabilité passent beaucoup de temps à juger les autres sans s’interroger sur ce qu’ils sont en train de leur demander. Ce qui est fait aujourd’hui à une personne la marque pour toujours."
"Le problème du racisme est un peu faussé car l’entrée dans une boîte de nuit est secondaire dans la vie. Tout le monde se déclare non raciste, mais en réalité, vous arrivez dans un village, vous êtes un étranger même si vous êtes du village voisin."
"La place de la parole, le grand frère et le petit frère, ils élaborent la fraternité dans l’échange. Dans son rôle de portier on interdit la parole à Malik. Dans les difficultés d’avoir à s’opposer à l’autre,à ses propres frères, ce qui me touche c’est d’avoir la nécessité d’une parole. Son patron lui dit qu’il n’a pas à se poser de question."
"Ce qui me parait très fort, dans ce film, est de donner la dernière parole à l’enfant. C’est l’enfant qui a le mot juste pour que son frère comprenne. A la fin on part sur une parole de l’enfant avec beaucoup de questions."

Qui sont mes frères ? JL Gallaup

Silence… parce que ce n’était plus intellectuel…pour parler de l’humain… parler de fraternité, parler de son frère = respect
Accueillir le regard de l’autre… quand la fraternité est joyeuse, c’est facile…

Mais quand ça touche la politique, la différence de race, ça devient beaucoup plus
difficile…
…Plusieurs attitudes :
on ne veut pas
on ne sait pas quoi faire…
on prend conscience qu’il faut faire quelque chose…
le chômage, le racisme, l’homosexualité…
Etant de milieu ouvrier, ayant rencontré une personne : le Christ, j’ai appris à regarder
l’autre comme un frère ou une sœur… celui qui est dans la rue… c’est comprendre que ces personnes sont capables de construire leur avenir… qu’il y a un manque relationnel dans notre société, parler de nos projets, s’écouter… 70% des jeunes sont partis dans la rue, parce qu’il n’y avait pas de dialogue dans leur famille : parents absents de la maison…
Notre société se doit d’être à l’écoute du projet d’autrui…
Pourquoi les gens vivent dans des squatts ?… parce qu’ils sont en manque…
Sommes-nous capables de rencontrer ces gens, de dialoguer avec eux ?...
Les hommes de la rue peuvent être des acteurs de leur vie ….. ils sont 5000 personnes…
Exemple de l’homme à l’orgue de barbarie rencontré sur une place, invité à
devenir « l’homme de la musique » dans une activité, puis intégré dans une communauté plus accueillante que sa solitude

Rien ne doit être gratuit pour permettre a cette option « acteurs de la vie » de se
révéler…

Questions : …

JLG : … avec des gens de la rue, nous avons squatté la salle des illustres… pour trouver
une solution pour loger…
Q/ comment on permet à chacun d’être acteur de sa vie ?...
JLG : nous sommes dans une période de crise terrible… à la rue, il reste de la dignité…
la situation actuelle est dramatique… Si l’on veut partir d’une situation saine avec les
gens de la rue, il faut que rien ne soit gratuit… Si l’on veut aider les pauvres, il faut les
respecter et chercher à ce que les gens se prennent en main…
5 000 personnes à Toulouse sont à la rue… 12 jeunes avec des chiens à la gare de
Toulouse qui font chier tout le monde…
Q/ Mathieu : … je me suis trouvé à la rue… C’est par le dialogue qu’on peut aider les
gens…
Quand on est dans la rue, il faut marcher l’hiver… une des conditions pour avoir un
projet d’avenir, c’est d’avoir un lieu de vie, d’avoir un environnement sain, de se reposer, de panser ses blessures, de me refaire une santé… J’ai connu la solitude… ça m’a fait du bien de vivre avec d’autres, ça m’a permis de trouver des solutions… de devenir acteur de ma vie…

Dominique Ellul

Départs volontaires et involontaires ont toujours existé dans le passé
Fuir devant la catastrophe, la famine, la pluie de souffre et de feu
Echapper au totalitarisme
Fuir la justice

Il faut toujours protéger sa vie : Jacob, Moïse s’enfuit, Absalon (après avoir tué…)
s’enfuit… pour échapper à la justice humaine…
Dieu dit, je suis venue pour faire monter les hommes vers une terre large et riche de
potentialités. Si le peuple n’observe pas l’alliance, il deviendra un non peuple…

Commet s’est pensée la coexistence d’Israël et des étrangers au retour de l’exil
Néhémie est un juif, haut fonctionnaire de Perse. Il est chargé de reconstruire la
ville de Jérusalem, puis accomplir des reformes religieuses. Il interdit les mariages avec les voisins proches parce qu’ils n’ont pas la même langue (quid de leur civilisation et de leur religion).
Dans le livre de Ruth, on évoque le départ pour causes de famine. L’assimilation
n’a pas réussi la femme changé d e nom… appelez-moi Mara ce qui veut dire amer
Dans le livre de Jeremie, Ruth pour s’assimiler par son mariage, elle abandonne sa
religion, sa famille initiale. Elle aura un fils, aïeul de David

Peut on rester soit même lorsqu’on vient dans un autre pays .. peut-on garder son
identité religieuse. L’étranger n’est pas perçu comme mon semblable mais il peut être
entendu comme mon frère

Trois codes de la loi :
- le code de l’Alliance : Exode « il n’y aura qu’une seule loi pour l’indigène et pour
l’étranger… celui qui séjourne au milieu de vous… au cœur du peuple »…
le code de la sainteté : le Deutéronome… la loi fait appel à l’empathie, qui permet à l’homme d’accueillir l’autre, l’étranger… il a doit au repos du Shabat…
assimilé aux veuves, à l’orphelin, aux pauvres… une même justice pour tous,
une protection pour tous… référence à l’histoire d’Israël, foi en un Dieu
miséricordieux…
- le code de l’assimilation ou de l’intégration : le Lévitique… Tu aimeras l’étranger
comme toi-même… le peuple est invité à l’ouverture… l’étranger a des droits et
aussi des devoirs, il doit respecter les lois du pays qui l’accueille… mais le peuple
d’Israël ne veut pas perdre son identité culturelle… ni intolérance, ni démagogie…
La législation de l’AT accueille et protège l’étranger résidant, mais lui impose aussi des devoirs, qui intègrent la sauvegarde d’Israël… trouver l’équilibre entre intégration et
identité propre Il y a un contrat social qui permet respect mutuel et dialogue.

Conclusion Bernard Ibal, Président des Semaines Sociales de Toulouse

On aurait pu croire que la fraternité c’est le bonheur d’être ensemble. En fait il ya
beaucoup de paradoxes :
- la fraternité a gagné les consciences. Il y a 15 ans on était encore dans une
période de lutte des classes. Mais depuis l’idée a fait son chemin, c’est ce qui ressortait
du discours des étudiants et des chefs d’entreprise. On appris conscience qu’il fallait
faire vivre ensemble des personnes différentes et venant de la planète.
- mais la fraternité ne se commande pas, c’est une promesse…
- la fraternité, du point de vue historique, c’est la fraternité des armes..
aujourd’hui il semble qu’il y ait des cercles concentriques, d’échelles.. mais la fraternité a besoin de paternité…
- la fraternité c’est aussi réaliser ensemble un projet qui permet d’aller au delà de
l’activité rémunératrice, pour éviter d’être attaqué par le « stress spirituel ».
- la fraternité est un affect, mais pas toujours ..
- la fraternité introduit des contradictions difficiles à assumer
- la fraternité ce n’est pas la condescendance comme l’a rappelé JLGallaup sinon
l’autre ne sera jamais acteur de sa propre vie. L’exclu n’est pas l’objet de nos
interventions… il est SUJET, c’est à lui d’en décider…ce qui ne facilite pas l’exercice de la fraternité.
Enfin la bible met en évidence que l’autre n’est pas mon semblable mais qu’il est
pourtant mon frère.

Vous pourrez rencontrer les représentants des Semaines Sociales de Toulouse et leurs actions de réflexion sur notre société lors de la réunion des Semaines Sociales de France à Paris du 22 au 24 novembre 2012

et également pour ceux qui resteront à Toulouse :
le samedi 24 novembre 2012 à 18h au Centre culturel Alban-Minville pour une projection/débat sur le thème "Fraternité" dans le cadre du 21ème festival de court-métrage Séquence Court-Métrage

Vous souhaitez être au courant des activités de l’antenne toulousaine des Semaines Sociales de Toulouse ? Adressez un mail pour recevoir la lettre électronique "le lien des Semaines Sociales de Toulouse"